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Est de la République Démocratique du Congo — plaine de la Ruzizi et zones environnantes

En documentant et en revitalisant les savoirs locaux des femmes et des jeunes autochtones, ce projet du RESSAC les a replacés au centre de la gouvernance environnementale. Résultat : un répertoire de 78 fiches techniques, 136 hectares de terres dégradées restaurées et 546 producteurs engagés dans l’agroforesterie.

Contexte et justification

Les communautés rurales de la partie orientale de la République Démocratique du Congo dépendent d’une agriculture pratiquée par plus de 90 % des femmes et des jeunes petits producteurs, demeurée exclusivement pluviale ou itinérante et essentiellement vivrière. Sous l’effet de la modification du régime des précipitations — notamment le raccourcissement de la saison des pluies — et de l’augmentation de la température moyenne du sol, les récoltes sont menacées et les populations deviennent plus vulnérables. Les effets des changements et de la variabilité climatiques se font déjà sentir, avec des conséquences drastiques sur les rendements et la rentabilité des productions agricoles.

Face à l’urgence de la Restauration des Paysages Forestiers (RPF) et aux objectifs du Défi de Bonn, les réponses purement technologiques et descendantes montrent leurs limites au regard des savoirs traditionnels détenus historiquement par les femmes et les jeunes petits producteurs de l’est du pays. Ces derniers sont les plus vulnérables aux chocs climatiques, en raison d’inégalités structurelles : accès limité au foncier, exclusion des espaces de décision.

Ces groupes détiennent pourtant une rationalité écologique locale et des savoirs endogènes précieux, encore trop peu valorisés : gestion de l’eau, sélection de semences résilientes, indicateurs biologiques de prévision météorologique, agroforesterie traditionnelle. Issus de l’accumulation d’expériences mémorisées et transmises de génération en génération, ces savoirs se perdent et se déforment sous l’effet du déficit de transmission intergénérationnelle, de la déstructuration sociale liée aux conflits et de l’absence de documentation systématique.

Objectifs du projet

Objectif global : préserver les savoirs endogènes renforçant la résilience socio-écologique et la souveraineté alimentaire des femmes et des jeunes autochtones petits producteurs agricoles de l’est de la RDC, par leur documentation, leur valorisation et leur application face aux dérèglements climatiques.

Objectifs spécifiques :

  • documenter et codifier les savoirs, pratiques et innovations endogènes des femmes et des jeunes en matière d’adaptation climatique et de gestion des ressources naturelles dans la plaine de la Ruzizi ;
  • revitaliser et appliquer ces savoirs par le déploiement de modèles agroforestiers communautaires et d’itinéraires techniques agroécologiques co-conçus ;
  • promouvoir le leadership des femmes et des jeunes petits producteurs par la professionnalisation et l’autonomisation des organisations paysannes dont ils sont membres, à travers l’appui à la dynamisation de la vie organisationnelle et l’accompagnement à la structuration des membres.

Résultats du projet

  • Un répertoire des savoirs endogènes d’adaptation climatique a été conçu et rendu accessible ; il contient au moins 78 fiches techniques codifiées.
  • 54 638 arbres ont été plantés et sécurisés sur 136 hectares de terres dégradées, selon une approche agroforestière favorisant des systèmes agricoles propices à l’arbre.
  • 546 femmes et jeunes petits producteurs — 60 % de femmes et 40 % de jeunes — pratiquent activement l’agroforesterie et les techniques agricoles issues de l’hybridation des savoirs documentés et revitalisés.
  • La productivité et la rentabilité des producteurs ayant adopté ces savoirs endogènes résilients se sont accrues.
  • Les bénéficiaires ont été regroupés en 4 groupements de producteurs afin de bénéficier d’un appui à la dynamisation de la vie organisationnelle et à la structuration de leurs membres.
  • La cohésion sociale a été renforcée au sein des communautés et un plaidoyer a été engagé en faveur d’un environnement favorable aux agricultrices, incluant l’accès à la terre et la préservation des savoirs endogènes.
CHIFFRES CLÉS
Fiches techniques codifiées78 fiches réunies dans un répertoire accessible
Arbres plantés et sécurisés54 638
Superficie restaurée136 hectares de terres dégradées
Producteurs engagés546 (60 % de femmes, 40 % de jeunes)
Organisations appuyées4 groupements de producteurs

Service Communication du RESSAC

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