
Contexte de mise en œuvre du projet
Malgré la situation socio sécuritaire fragile, les habitants reviennent progressivement à Kibumba, une commune rurale située à environ 29 kilomètres au nord de Goma, le long de la route nationale RN2après plus de trois ans passés dans des camps de déplacés. Réputée pour ses sols volcaniques fertiles et son maraîchage, Kibumba a longtemps approvisionné Goma, ainsi que Bukavu en pommes de terre et légumes verts. C’est dans ce cadre que le RESSAC a initié et réalise en partenariat avec l’ONG Climate Change Africa Opportunities (CCAO) son projet d’appui à la résilience des petits producteurs des pommes de terre de Kibumba au Nord Kivu en République Démocratique du Congo
Objectif du projet
Ce projet vise à renforcer la résilience de 1650 petits producteurs, particulièrement les femmes productrices des pommes de terre dans le contexte de conflit et du changement climatique au Nord Kivu à l’est de la République Démocratique du Congo.
En effet, les femmes jouent un rôle central dans le secteur agricole en RDC, produisant la majorité des cultures vivrières destinées à la consommation des ménages. À Kibumba, elles sont à la fois la colonne vertébrale de la production agricole et parmi les plus affectées par la crise agricole, socioéconomique et sécuritaire.
Malgré un accès limité à la terre, au financement et aux services de vulgarisation, elles continuent de soutenir la production agricole. La coopération communautaire, notamment par le partage du travail et des ressources, est devenue une stratégie essentielle de survie dans cette contrée du pays.
Défis et histoires à succès issues du projet
Ce projet repose principalement sur la culture de pomme de terre, une culture de base et une source majeure de revenus à Kibumba et dans les villages environnant au Nord Kivu.
Juvenal Maheshe, 35 ans, père de quatre enfants, est récemment retourné dans son village après quatre années passées dans un camp de déplacés. L’appui en formation et semences de pomme de terre de bonne qualité lui a permis d’améliorer sa production saisonnière (A) des pommes de terre. Ce qui lui a permis de subvenir aux besoins de sa famille et payer les frais scolaires de ses enfants.
Toutefois, la dégradation des sols constitue un autre défi majeur. Pendant le conflit, les champs abandonnés ont parfois été exploités sans le consentement de leurs propriétaires, souvent avec des techniques inappropriées qui ont endommagé la fertilité des sols.
Chantal, mère de trois enfants, déclare le fait qu’avant la guerre, son champ produisait six sacs de pommes de terre par saison. Après son retour, ses récoltes ont fortement diminué. « J’ai planté 150 kilogrammes de pommes de terre, mais je n’ai récolté que 273 », dit-elle.
Cependant, la variabilité climatique perturbe de plus en plus les cycles agricoles. Selon le superviseur local du projet, Mr Bizimana Pascal, les saisons de plantation recommandées (avril et juillet) deviennent de plus en plus imprévisibles en raison de pluies irrégulières. Des pluies excessives peuvent endommager les cultures et accroître les maladies, rendant la planification difficile pour des agriculteurs déjà confrontés à l’insécurité.
Recommandations
L’agriculture reste au cœur de la vie quotidienne malgré la problématique d’ordre sécuritaire dans cette partie du pays.
Les bénéficiaires de ce projet plaident pour :
- Le retour de la paix et la sécurité pour accéder à leurs terres
- La réhabilitation des champs et l’accès amélioré à des semences de qualité
- Un meilleur accès aux marchés et aux infrastructures
- Un appui continu en formation et en mécanisation
Equipe de communication du RESSAC
