La COP30 s’est tenu du 10 novembre au 21 novembre 2025 à Belém, dans le nord du Brésil. 10 ans après l’Accord de Paris, la communauté internationale se trouve à un moment clé pour réussir à maintenir ses engagements. Cette COP, qui se déroule au cœur de l’Amazonie, est l’occasion de centrer le débat sur le rôle des forêts et ses utilisateurs (agriculteurs, éleveurs…). Pour le RESSAC, la transformation des systèmes agri-alimentaires et de l'exploitation forestière vers plus de durabilité et de justice sociale doit occuper une place essentielle et être prise en compte lors des négociations.
Mr Trésor Badisungu, Coordonnateur National du RESSAC (Réseau pour la Sécurité et la Souveraineté Alimentaire en République Démocratique du Congo), a représenté valablement la plateforme des organisations des Agriculteurs Congolais dans les différents panels et rencontres stratégiques. Son intervention lors du panel intitulé « Agroécologie au centre des enjeux climatiques et environnementaux dans le bassin du Congo » a marqué un temps fort dans ce panel de haut niveau. Il a profité de cette occasion pour rappeler l’importance de valoriser la consommation des produits locaux africains, afin de réduire la dépendance aux importations et renforcer la souveraineté alimentaire en République Démocratique du Congo.
Si l’agriculture et les systèmes alimentaires sont de grands émetteurs de gaz à effet de serre, ces secteurs sont également victimes des effets du changement climatique (sécheresses, inondations, feux…). Selon les prévisions du GIEC, 8 à 30 % des terres agricoles seront inaptes à produire en 2100.
Les forêts tropicales sont confrontées à la même difficulté : elles ont la capacité de capturer du carbone, mais elles arrivent à un point de rupture où elles pourraient en émettre. Par ailleurs, en plus des zones déjà déforestées depuis longtemps pour une activité agricole, elles font aujourd’hui face à des activités illégales, principale source de déforestation des dernières années.
Une transformation durable des systèmes agricoles et des exploitations forestières est urgente afin de répondre à ces enjeux.
Au-delà de leur rôle majeur dans l’adaptation au changement climatique et son atténuation, ces systèmes sont impliqués dans d’autres enjeux environnementaux. Ils sont également déterminants pour garantir la sécurité alimentaire, protéger la santé, réduire la pauvreté et soutenir l’économie rurale dans la grande majorité des pays du monde. Raison pour laquelle, les décisions relatives aux systèmes agricoles et alimentaires sont particulièrement complexes, car elles mobilisent de nombreux domaines et acteurs, à des niveaux d’intervention variés. Elles demeurent pourtant essentielles (a plaidé monsieur Trésor Badisungu, Coordonnateur National du RESSAC).
Les forêts du bassin du congo sont menacées par les changements climatiques, la déforestation et la dégradation, et le développement des monocultures. Pour préserver à la fois ces territoires, les humains et les forêts qui les peuplent, et l’équilibre climatique mondial qui en dépend, il est nécessaire de comprendre les transformations en cours et de (re)penser des imaginaires et des gouvernances nouvelles qui prennent en compte les attentes locales et les dynamiques globales, fondés sur des principes de justice sociale et écologique. LeRESSAC, en collaboration avec ses partenaires institutionnels et des communautés locales, explore les transformations agroécologiques, socioécologiques et tente de repenser les usages et la gouvernance des territoires pour répondre aux défis d’un monde en transition. Foresterie innovante basée sur la plantation d'espèces natives, prospective participative et gouvernance régénérative, les pistes à étudier sont nombreuses.
Les systèmes agricoles et alimentaires ont longtemps été absents dans les négociations des COP. Ils s’imposent désormais de plus en plus dans les discussions, ce qui a abouti à l’initiative commune de Charm el-Cheikh sur la mise en œuvre d’une action climatique pour l’agriculture et la sécurité alimentaire, votée à l’unanimité lors de la COP27, en 2022, celle-ci a été suivie l’année suivante par la déclaration de Dubaï sur les systèmes alimentaires lors de la COP28
La participation du RESSAC à la COP30 confirme son rôle de porte-voix des Agriculteurs congolais et son engagement à promouvoir l’agroécologie comme pilier de la transition climatique et économique. À travers ses actions, la plateforme réaffirme son ambition : « Je mange Africain, je valorise nos ressources, je construis notre avenir.
Chargée de Communaication du RESSAC